Il est là,
devant son miroir, le canon de son arme sur la tempe…
Mais que
va-t-il faire ? Cela rendra-t-il la vie à sa fille ?
Elle est morte
maintenant et la seule chose qui lui importe est de la rejoindre. Certes, il
n’était pas là lorsqu’elle a eu besoin de lui, ses tomates lui apportaient
satisfaction mais sa fille mourait à quelques kilomètres de là.
Et pourquoi
trépassait-elle ? Pourquoi ce petit ange n’allait-il plus être qu’un
souvenir, dont quelques habits, photos et un nom gravé sur une dalle de marbre
resteraient les preuves de son passage sur terre ? Pourquoi ?
Parce que sa
maman oubliait lors d’un laps de temps infime, de la surveiller, de s’occuper
d’elle comme elle avait le devoir de le faire… en fait un moment d’inattention
dû à une rampe de caddys récalcitrants… ?
Tom ouvrit les
yeux de nouveau, la marque blanche de la gueule du canon était marquée sur sa
tempe. Pourquoi devrait-il payer seul ? Ce n’était pas lui qui avait
agencé tout ce merdier !
Dans l’autre
pièce, Cécile pleurait encore, il percevait ses sanglots qui se rapprochaient.
Elle venait lui annoncer la nouvelle et chercherait certainement à se réfugier
dans ses bras afin d’épancher sa tristesse et son désarrois.
Non mais quel
genre de femme était-ce ? Quel genre de maman croyait-elle avoir
été ? Elle pensait peut-être qu’elle pourrait être pardonnée.
Elle avait agi
seule, elle avait mesuré elle-même le poids de la chose. Pourquoi n’avait-elle
pas jeté son jeton de caddy pourri ? Pourquoi avait-elle oublié sa fille
ne serait-ce qu’une seconde ?
Le canon de
son arme quitta sa tempe et il sortit de la salle de bain. Une impulsion ?
Peut-être, mais pourquoi devrait-il être le seul à devoir rembourser la dette à
l’être le plus cher qui avait pu exister pour lui ?
Cécile arriva,
elle lui tendit les bras, elle pleurait en grimaçant, on aurait même pu croire
qu’elle souriait…
Il la toisa
avec dégoût, pointa son arme et tira. Cécile, la femme de sa vie, celle qui
avait tout changé de son existence s’envola sans avoir le temps de comprendre
vers le fond du couloir, un trou au milieu du front et la moitié de sa boite
crânienne répandue sur les murs.
« Salope !
Cracha-t-il, un « V » formé au dessus du nez par les plis de son
front. Qu’est-ce que t’as fait salope !?! »