Voyage au centre de la peur!




Il n’y a aucune limite dans ce genre, on peut y faire ce que l’on veut !
L’épouvante peut prendre ses bases dans la vie réelle, mais aussi dans le fantastique, dans l’horreur, dans la fiction… On peut y faire vivre ou évoluer n’importe quoi, une pierre, un arbre, un mort, un monstre… et j’en passe. Tout peut servir à tout et tout peut faire peur, car bien entendu, c’est le but recherché.

Je dirais pour ma part, et sans vouloir manquer de respect aux plus grands, que l’imagination fait beaucoup et que les recherches peuvent être moindres.
Je m’explique : un auteur de polars doit faire des enquêtes pour rester au plus prés de la vérité, un gangster ou un flic ne peut tirer trente coups de feu à la suite sans recharger, par exemple (bien que quelques fois dans certains « films » télévisés…), il ne peut s’élever dans les airs sans raison comme par enchantement.
Si quelqu’un racontait la bataille de Litle Big Horn en faisant intervenir des B52 pour sauver le général Custer et son 7ème de cavalerie et que les armes de Sitting Bull et de ses sioux se transformaient en guimauve, ce serait incrédible et cela ne voudrait plus rien dire.
Un historien doit relater des faits. Un biographe également.
Les romans d’amour doivent contenir une trame réelle.
Dans l’épouvante, c’est différent, l’auteur peut se fixer ses marges lui-même. Il peut se promener à l’orée d’une vérité, mais il peut s’enfouir dans la fiction sans que cela dérange l’histoire.
Bien entendu il n’y a pas que l’épouvante qui puisse sortir des pensées cartésiennes, la science fiction, qui s’apparente maintenant à l’épouvante assez souvent «Alien», «Résident Evil»…, le fantastique et l’imaginaire… il reste certainement d’autres thèmes, et je terminerais par l’épouvante.
Pour beaucoup de gens, l’épouvante et l’horreur sont synonymes, ils ont certainement raison puisque c’est ce qu’on donne dans plusieurs dictionnaires, donc ce qui suit est peut-être personnel mais pour moi, ces deux expressions sont différentes.
L’épouvante, c’est faire peur aux gens par des mises en scènes différentes et souvent imaginaires. Faire apparaître un monstre au moment où l’on s’y attend le moins, voir quelqu’un se promener la tête sous le bras ou sortir de sa tombe. Pour moi, ces situations sont de « l’épouvante ». C’est certes épouvantable, mais loin de la réalité pour beaucoup d’esprits.

Ca, pour moi, c'est de l'épouvante!
L’horreur, c’est ce qui se passe tous les jours, ce qui est vrai. Une voiture qui écrase un enfant, un bâtiment qui brûle avec ses résidents, un cancer qui emporte un être chère.
Sans aller jusque là, la vie des sans abri, les expériences animales, les injustices qui peuvent ruiner certains, les séparations qui privent les enfants d’une vie normale…
Et en allant encore plus loin, la bêtise des hommes, l’extrémisme, les épurations, les rivalités de tout ordre.
Sans entrer réellement dans le détail, juste quelques mots qui m’effraient :
Catholicisme : Pendant combien d’années les catholiques ont-ils massacré des gens au nom d’un Dieu qui prônait l’amour et le paix ?
Esclavage : Comment une seule personne « Maîtresse » peut-elle s’octroyer des droits sur d’autres vies sous prétextes de couleur de peau, de religion ou de mode de vie ?
Djihad Islamique : Traduit « guerre sainte ». ??? Comment une guerre peut-elle être sainte ?
Tout ceci est ce que j’appelle l’horreur.
Comme beaucoup je voyage sur le net, je visite quelques sites interdits sur lesquels l’horreur bat son comble. Il existe entre autres des clips genre « face à la mort », ce sont des meurtres en direct pour la plupart. Exécutions, commandées ou sommaires, égorgements, décapitations, émasculations, écartèlements, enfouissements vivants, suicides, règlements de comptes… tout ça c’est de l’horreur, et lorsque je vois ce genre de choses tout à fait réelles, je me dis que j’ai encore de la marge pour faire frémir mes lecteurs et que si je racontais ce que je vois, ils ne me croiraient pas !

Déformations, malformations... Maladies.

Lapidations, attentats... Crimes.

Accidents... & tout le reste...
Ca, pour moi, c'est de l'Horreur!
Voici une anecdote qui m’a réellement touché, cette émission est passée sur une chaîne télévisée durant la nuit, je ne me souviens plus de la date, mais j’ai retrouvé cette horreur sur le net et je me demande encore comment on peut faire ça.
« Il s’agissait d’un homme qui apprenait à un de ses camarades comment égorger un humain. Pour cela, ils avaient enlevé un jeune étudiant dans la rue, celui-ci était ligoté et bâillonné sur le sol et portait une cagoule. La pièce était éclairée, ses deux bourreaux semi masqués se tenaient au dessus de lui et discutaient de la manière dont ils allaient s’y prendre… pour l’égorger !
Effroyable, la victime entendait tout, je suis certain qu’elle se demandait ce qu’elle faisait là, pourquoi cela lui arrivait ! A quoi pouvait penser ce jeune homme qui avait toute sa vie devant lui quelques instants auparavant et qui allait mourir à cause d’une rencontre hasardeuse avec des agresseurs sans aucun scrupules et au nom d’un Dieu auquel, je pense, il croyait certainement.
L’instructeur bourreau s’était alors penché sur le visage de sa victime, il avait comprimé celui-ci avec une sorte de coussin puis avait psalmodié une prière, l’autre, munit de gants roses comme pour faire la vaisselle, avait approché un couteau de boucher près de la gorge – l’émission télévisée s’arrêtait là… mais pas le net ! – et d’un va et vient assez vif avait tranché celle-ci jusqu’à la colonne vertébrale ! Les deux brutes s’étaient alors f élicité en souriant devant une victime aux soubresauts de moins en moins ardents. Pour bien le vider de son sang, les tueurs avaient remué le corps à coups de pied, séparant presque la tête du cou, le forçant à s’épancher. Le tremblement du martyr s’était éteint en même temps que cette vie si jeune quelques instants plus tôt !
Je ne veux pas ici tenter de remodeler le genre humain, ce serait peine perdue, mais beaucoup de choses me font, comme on dit ici, « sortir de ma culotte à reculons ! » et celle-là en fait grandement partie.
Revenons à nos « moutons », si je peux me permettre !
Donc, pourquoi l'Epouvante?
La Nuit des Morts Vivants de Roméro est, selon mes informations, le film qui a projeté le genre épouvante à l’écran. En tout cas, c’est celui qui m’a vraiment fait frémir. J’ai toujours frissonné devant ce thème, si les morts étaient animés brusquement et que leur quête unique serait la recherche de viande fraîche !

L'idée a fait son chemin et Zombie of the Dead en est une révélation
est un très vieux film, il m’a fait très peur et j’ai mis des années à me débarrasser de ce cauchemar qui hantait toutes mes nuits. Un film dans lequel une main, de pianiste je crois, se baladait et tuait… je ne sais plus pourquoi ! Je pense que ces deux films que j’ai vus très jeune, ont forgé ma passion sur la peur.
Ensuite, beaucoup d’ouvrages m’ont également aiguillé sur ce chemin, Stephen King en est le principal auteur.
La main

est un très vieux film, il m’a fait très peur et j’ai mis des années à me débarrasser de ce cauchemar qui hantait toutes mes nuits. Un film dans lequel une main, de pianiste je crois, se baladait et tuait… je ne sais plus pourquoi ! Je pense que ces deux films que j’ai vus très jeune, ont forgé ma passion sur la peur.
Ensuite, beaucoup d’ouvrages m’ont également aiguillé sur ce chemin, Stephen King en est le principal auteur.
Salem

Voilà une histoire de vampires qui sort de l’ordinaire, l’ail et le crucifix sont remis nettement en question.
La caisse,
dans Creepshow

Est un The Thing à la Stephen à la King dans lequel il va un peu plus loin que la découverte d’un monstre qui se décongèle et qui se sert de ce hasard pour évacuer ce qui le dérange...
Shinning
Est un chef d'oeuvre du genre
Voilà les films et les écrits qui m’ont boosté ! Ce ne sont peut-être pas les meilleurs pour certains, mais pour moi, ils se sont montrés plus que révélateurs dans leurs diversités.
Ensuite il y a eu des histoires qui m’ont fait prendre d’autres directions. Tout d’abord les histoires de ma grand-mère, « la tête verte » et « le cimetière » que je ne vais pas tenter de vous narrer quelque quarante ans plus tard, mais juste vous donner une idée. Il est certain que ça peut faire sourire, mais pour un gamin de cinq ans et à l’époque trouillard comme pas un…
« La tête verte » est une histoire genre « Pierre et le loup » dans laquelle un enfant ment tellement que personne ne le croit. Il ne peut se retourner sans voir apparaître, sous une pierre, sur un meuble… une tête verte qui promet de venir le chercher s’il ne cesse ses mensonges. … Je ne me souviens plus de tout, mais la tête verte tient sa promesse. Morale de ceci, il ne faut pas mentir.
« Le cimetière » raconte l’aventure d’une petite fille qui va dévaliser la tombe d’une princesse. Le squelette de celle-ci viendra rechercher son bien à la nuit venue et emportera aussi la fillette. Morale de l’histoire, il ne faut pas voler !

Et oui, à l’époque, les parents et grands-parents savaient nous tenir !!!
Comme je le disais, on peut se servir de beaucoup de choses pour créer l’épouvante.
Carrie
Ici l’auteur se sert de la télékinésie améliorée, permettant à cette jeune personne, Carrie, de déplacer ou d’embraser ce qu’elle veut, quand elle le veut. La lourde ambiance générale du récit met mal à l’aise, tout peut arriver à tout moment.
Charlie

Aux USA, des expériences psychédéliques transforment, dans le ventre de sa mère, cette petite fille en monstre de feu, évacuant sa colère par la pyrokynésie.
Ca
Ce récit est apparemment né dans un fait réel, John Wayne Gacy, un tueur en série surnommé « The Clown Killer » (Le Clown Tueur) qui se servait de son déguisement pour approcher et rassurer les enfants.
John Wayne Gacy était un homme d’affaires respecté et affable. De nombreuses personnes le considéraient comme un homme gentil et généreux, un fétard accueillant, un démocrate convaincu, qui se déguisait en clown pour amuser les enfants des hôpitaux et permettait à des jeunes gens de se faire un peu d’argent. Presque personne aurait pu imaginer qu’il aimait torturer et violer des adolescents, et encore moins qu’il en assassinerait trente-trois entre 1972 et 1978, et dormirait tranquillement au-dessus de leurs cadavres.
Texte et photo trouvés sur le site : http://www.Tueursensérie.org
Misery
Ici, ce sont la passion et la folie qui sont mises en scène, voire le fanatisme.
Simetierre
Là, les étranges coutumes de certains peuples, les légendes…
Cujo
Une maladie, la rage, par le biais d’un Saint Bernard…
L'Emprise, La Tempête du Siècle, Opération Fantôme...
Des choses que nous ne comprenons pas toujours, certaines entités. …
L'Exorciste

L'Echiquier du Mal
L’auteur se sert d’un pouvoir terrifiant, celui de pouvoir diriger les gens malgré eux…
Marche ou Crève
Un jeu, un simple sport peut devenir quelque chose de monstrueux dans la tête de certains !
Coeur de Pierre
Une roche, une maison, un arbre, tout ceci peut également provoquer la peur.
Maximum Overdrive
Des machines de toute sorte…
DreamCatcher
Mad Max 1, 2 & 3
Des sauvages...
Bernie
The Island
Léon, Nikita, Usual Suspect...
Le Silence des Agneaux, Hannibal, Dragon Rouge...
Des tueurs de toutes sortes...
Backdraft, Piège de Feu...
Sinistres et catastrophes...
La Ligne Verte
Les dents de la Mer
De la mer et de ce qu'elle renferme...
Voilà en fait pourquoi ce style me plait tant. On peut se servir de n’importe quoi pour faire peur.
La question maintenant
Pourquoi faire peur?
Pourquoi faire peur et pourquoi aimer faire peur ?
Certainement parce que j’aime avoir peur. C’est une sensation étrange et dérangeante, mais elle fait monter l’adrénaline et nous permet de réagir de différentes façons… voire même de ne pas réagir du tout !
Je pense que la peur est saine, c’est une alerte de notre corps pour nous prévenir de ce qui peut arriver, la peur n’est pas le danger.
Et puis je crois que c’est une des premières sensations que l’on ressent très jeune et dont on se souvient longtemps. Comme je le disais plus haut, des films comme « La main » et « La nuit des morts vivants » m’ont marqué et sont restés gravés dans ma mémoire jusqu’à aujourd’hui. Depuis pourtant, j’ai lu et vu d’autres histoires certainement plus crues, plus violentes, plus sordides, mais ce sont de ces deux là que jaillissent mes vrais effrois. L’âge auquel j’ai visionné ces films y est donc pour beaucoup.
Dans le récit « Ca » de Stephen King, Billy le beg annonce cette phrase que je trouve très judicieuse : « … Quand on est adulte, on ne croit plus à rien. »
C’est ce que je crois. Nous perdons quelque chose en vieillissant, quelque chose de magique, de fabuleux… et par le biais de la peur, on peut peut-être faire renaître ceci, au moins momentanément.
C’est pour ça que je veux faire peur au travers de mes récits, pour faire réapparaître des sensations disparues.
La peur, quelle peur?
Et oui, s’il y a plusieurs manières de faire peur, il existe aussi plusieurs sortes de peurs. Je ne relaterai pas toutes ces façons d’avoir peur mais je parlerai de ce que je nomme les peurs saines.
Quand peut-on avoir peur ? En lisant un livre traitant de ce sujet, en regardant un film, mais aussi, en se promenant peut-être à la tombée de la nuit, en montant dans le grenier, en descendant à la cave… Oui, on peut avoir peur n’importe où et à n’importe quel moment.
La peur flash, celle qui fait sursauter… une porte qui s’ouvre alors qu’on ne s’y attend pas, le monstre à la télé qui apparaît au moment inopportun, l’araignée ou la souris qui traverse la pièce à nos pieds, le verre qui tombe et qui éclate brisant un silence d’or, le rideau qui bouge seul alors que le chat est derrière, l’éclair qui déchire un ciel paisible… Cette peur là surprend, elle fait hurler ou porter les mains à la bouche pour refouler le cri, elle fait sursauter. L’effet visuel y étant pour beaucoup, il est assez difficile, mais pas impossible, de la faire jaillir d’un livre. Lorsqu’un auteur y parvient, c’est réellement quelque chose d’extraordinaire.

La peur action, qu’on peut certainement appeler suspens insoutenable… l’agresseur qui est là derrière la porte alors que la proie rentre chez elle, le requin qui évolue sous les nageurs, le serpent qui se glisse dans le lit, on sait qu’ils sont là, on sait qu’ils vont intervenir, on se doute même souvent de la manière dont ils vont le faire… c’est pour bientôt c’est sûr, mais on ne sait pas quand ! Cette peur là n’a pas réellement besoin d’un effet visuel, l’imagination joue beaucoup. Lorsque j’écris, je suis dans mon histoire, je ne suis pas spectateur, je ne suis plus auteur ou lecteur, mais je suis acteur. J’essaie donc de ressentir ce que ressent mon personnage et donc ce que pourra ressentir mon lecteur.

Et enfin la peur latente, celle qui est là du début à la fin… la maison qui dissimule ses fantômes, la tornade qui voyage en démolissant tout sur son passage… le poids de cette peur est omniprésente durant toute l’histoire, elle met mal à l’aise mais pousse aussi la curiosité. Elle picote l’esprit, elle force à savoir qui s’en sortira. C’est de cette peur dont je me suis plus particulièrement inspiré dans mon premier roman publié, « Cœur de Pierre ».






















